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Faux-self, pourquoi on ne peut pas s’en sortir tout seul ?

Faux-self, pourquoi on ne peut pas s’en sortir tout seul ?

Parce qu’on ne travaille pas une problématique de rapport à l’autre sans l’autre

Avoir un faux-self qui prend trop de place, qu’il s’agisse d’un masque figé ou au contraire, d’une posture de caméléon, est une stratégie inconsciente visant à se préserver de la relation à l’autre. Caché derrière une armure inamovible, celui-ci ne peut pas nous atteindre et tout ce qu’il dit ou fait glisse littéralement sur nous. Mais en s’effaçant totalement pour lui donner toute la place, en se sur-adaptant à lui, on évite de la même manière de se confronter et d’avoir à s’affirmer. On fusionne avec lui pour ne pas avoir à co-exister.

Trouver des réponses, instaurer du changement et s’autoriser à vivre autre chose est un processus qui implique de se repositionner, de modifier son regard sur les situations. Pour faire un tel pas de côté, nous avons besoin que la parole d’un tiers vienne bousculer avec toute la bienveillance possible notre univers mental.

On ne change pas son rapport à l’autre sans l’autre. Un système de défense tel que le faux-self envahissant, ancré en soi depuis l’enfance, ne peut être bousculé et remis en cause sans intervention extérieure.

Parce qu’on ne laisse pas tomber ses défenses sans personne autour pour nous contenir

Changer implique d’être bousculé dans sa vision des situations, mais pas seulement…Sans contenance, sans bras symboliques autour de soi pour rassurer, protéger et servir de cadre à un processus naissant d’ouverture à l’autre, personne ne prend le risque de perdre son armure, de changer de visage, d’exprimer le fond de sa pensée ou de laisser émerger des années d’émotions refoulées.

Pour réapprivoiser son faux-self et le remettre à sa juste place, il est essentiel de laisser quelqu’un remplacer de ses bras l’armure qu’on s’apprête à perdre. Et dans le cas du caméléon qui passe précisément sa vie à contenir les autres, il est fondamental de pouvoir enfin changer de place en autorisant quelqu’un à accueillir cette vulnérabilité qu’on s’épuise tant à cacher.

Parce qu’on ne peut se relier à l’autre qu’en réapprenant à lui faire confiance

Grandir et vivre avec un faux-self envahissant implique d’utiliser son énergie, non à apprendre à construire sa place avec les autres, mais bien à s’en protéger autant que possible. Soit en les maintenant à distance de l’autre côté d’un masque figé, soit en répondant totalement à leurs besoins afin d’éviter le risque d’être rejeté. Dans les deux cas, exister avec l’autre et s’affirmer face à lui sont vécus comme des menaces, des situations dangereuses pour sa propre sécurité.

Pour réapprendre à se relier, à co-exister et à jouer avec l’autre, il est essentiel de pouvoir de nouveau faire le pari de la confiance. Avec au moins une personne. Une personne qui nous donne le sentiment qu’il est possible d’être enfin compris et accueilli dans sa particularité. C’est un choix conscient, une démarche assumée qui permet de laisser enfin de la place au changement.

Trouver quelqu’un qui peut nous comprendre, faire le pari de la confiance, se laisser contenir, se laisser bousculer pour changer de regard…C’est ainsi qu’on peut enfin réapprendre, sur la durée, à remettre son faux-self à sa juste place. D’une façon qui permette enfin d’habiter sa vie et sa parole, tout en ayant les moyens de se relier aux autres.

C’est un travail. Un travail de soi et de sa façon d’être au monde. Un processus qui se joue sur la durée, et qui permet de donner un sens nouveau à ses interactions avec l’extérieur. Certains ont la chance de vivre cela dès l’enfance, de se sentir assez en sécurité pour pouvoir créer des relations dynamiques avec les autres. Et certains ont besoin de trouver cet espace rassurant et contenant qui leur aura tant manqué, afin de découvrir l’art d’être en relation.

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