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Faux-Self et souffrance au travail : des conséquences sous-estimées

Faux-Self et souffrance au travail : des conséquences sous-estimées

Une capacité d’adaptation très limitée

Tenir une place professionnelle avec un faux-self, c’est être contraint d’adopter majoritairement les mêmes comportements et les mêmes discours, avec une créativité très limitée.

Pourtant, mener de front sa carrière implique régulièrement des changements de poste, de mission, de service, d’entreprise…Tout cela demande une certaine capacité d’adaptation, tandis que le faux-self aurait plutôt tendance à paralyser toute initiative qui pourrait le mettre en danger.

Difficile de se réinventer quand on se sent obligé de garder le même masque jusqu’à la fin de temps. Difficile d’être promu manager quand on a un faux-self de “gentil-qui-veut-être-aimé-de-tous” et qu’on est subitement contraint de cadrer son équipe, refuser des propositions et licencier au besoin…Certains préfèrent renoncer à se reconvertir, refusent des promotions, ratent de belles opportunités, parce que leur capacité d’adaptation est plus qu’entravée. Et que se confronter au changement les fait souffrir à un point inimaginable.

Avoir un faux-self fige les comportements, les modes de pensée et les perspectives de changement. Quand la vie professionnelle nous bouscule, génère une souffrance intense et une tension psychique énorme, questionner un potentiel faux-self n’est pas un luxe. C’est au contraire, une occasion à saisir pour réapprendre à bouger avec les événements. Et réapprendre à habiter sa vie professionnelle de façon dynamique et créative.

Des troubles de l’apprentissage

En bloquant la capacité d’adaptation, le faux-self paralyse de nombreux processus d’apprentissage. Avoir un masque figé limite les domaines dans lesquels nous sommes capables d’acquérir des connaissances.

On ne peut apprendre que ce qui a du sens pour nous. Si la compétence à acquérir représente une menace, remet en question la définition que nous donnons à notre identité, bouscule trop fort nos croyances, et risque d’entraîner une explosion de notre faux-self, nous n’apprenons tout simplement pas. Au contraire, la démarche d’apprentissage risque de créer des situations de tension et de conflit psychique intense.

  • Apprendre à séduire ses clients quand on a un faux-self tourné vers le don absolu de soi ?
  • Apprendre à être rassurant avec ses patients quand on a un faux-self de “dur à la peine qui ne s’épanche jamais” ?
  • Apprendre à laisser ses élèves chercher seuls leurs propres réponses quand on a un faux-self de “moi je sais tout mieux que tout le monde” ?

 

Ce n’est possible qu’au prix d’une grosse (et souvent salutaire) crise existentielle…

Le milieu de la formation continue est très riche en anecdotes de ce type : des professionnels paralysés, qui viennent se former dans un domaine ou un autre, et qui se heurtent à leurs entraves identitaires dès qu’ils sont contraints d’apprendre ce qu’ils n’étaient pas venus chercher…Ils disent qu’ils ne peuvent pas apprendre à faire “ça”, que “ça” ne correspond pas à leur identité, qu’ils ne sont pas “comme ça”…

Quand votre vie professionnelle est figée par une incapacité profonde à assimiler de nouveaux savoirs, et que votre prétendue identité sert d’excuse au non-apprentissage d’une compétence, la question du faux-self mérite grandement de se poser.

Un sentiment confus de n’être jamais à sa place

La souffrance au travail gravite autour d’un concept complexe et souvent peu explicité : la place : Etre à sa place, chercher sa place, trouver sa place, construire sa place, prendre sa place, conquérir sa place, habiter sa place, défendre sa place ! Il s’agit d’enjeux incontournables de la vie professionnelle… Des enjeux qu’on ne peut pas travailler et faire bouger quand on est encombré avec un faux-self.

  • Etre à sa place tout en se sentant toujours obligé de faire semblant ? Impossible…
  • Trouver sa place quand on n’a aucun moyen d’essayer d’autres attitudes et d’autres façons de faire ? Difficile…
  • Habiter sa place quand on se sent un imposteur totalement vide et bien caché derrière un visage sans âme? Peine perdue…
  • Défendre sa place quand on vit dans la peur perpétuelle d’être démasqué ? Inimaginable…

 

La souffrance au travail naît bien souvent d’un sentiment de ne pas savoir où se mettre, de ne pas pouvoir exprimer ses compétences à leur pleine mesure, de faire ce qui n’a pas vraiment de sens, de ne pas exprimer ce qu’on a vraiment envie de dire…Rien de tel qu’un faux-self pour entretenir cette souffrance commune et si mal comprise. Quand on souffre depuis trop longtemps de ne pas savoir où est sa place, il faut peut-être questionner le visage que l’on s’obstine à montrer au monde et la façon dont on habite -ou pas- ses actes, sa parole, ses choix, sa vie entière.

Souffrir au travail n’est pas une fatalité. Souffrir de son faux-self non plus. Et l’un va souvent avec l’autre.

Pour advenir enfin à autre chose, il est essentiel de comprendre comment votre faux-self entrave votre vie professionnelle. Ce qu’il vous condamne à faire, ce qu’il vous empêche d’apprendre, et comment il vous maintient en dehors de la vie.

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