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Faux-Self et rapport au corps : incarner en soi le conflit permanent

Faux-Self et rapport au corps : incarner en soi le conflit permanent

Le corps vide et le corps armure

Si l’on admet que le corps métaphorise nos enjeux psychiques, alors il est évident que le fait d’avoir un faux-self modifie considérablement la façon dont on se pense, se sent et se traite en tant que sujet incarné. Consolider perpétuellement son armure tout en se sentant désespérément vide, ce n’est pas seulement une manifestation psychologique et sociale, une façon de réagir par rapport à l’autre…C’est aussi caractéristique d’un certain rapport au corps.

L’armure peut se manifester de différentes façons et pousser à des comportements divers, par exemple, en prenant de la place par l’augmentation de son volume : masque de graisse ou de muscle, on retrouve dans le discours de nombreuses personnes en surpoids ou d’amateurs de bodybuilding un désir de mettre de la distance entre eux et le reste du monde. Se sentir fort et protégé, enfin contenu, recouvert d’une épaisseur inamovible qui isole du froid, des coups et d’une manière générale, de l’autre…

Mais le faux-self peut se matérialiser de bien d’autres façons dans le corps : rigidité de mouvement, manque de dynamisme, instrumentalisation excessive de soi en tant qu’outil fonctionnel, surface de projection ou machine qui doit performer toujours plus…

Et tout cela est couplé à une sensation de vide intérieur que rien ne peut combler. Et souvent, d’une grande difficulté à identifier la nature des sensations et des émotions. Les ressentis sont perturbés, difficiles à écouter et à nommer, ce qui les rend d’autant plus effrayants.

Le corps clivé, véritable zone de guerre symbolique

Ce corps, complètement clivé entre une intériorité douloureuse et une surface hermétique à l’agression extérieure, devient une zone de combat permanent. A quels dangers sera-t-on exposé si l’armure s’effondre ? Va-t-on enfin réussir à combler le vide ? D’où vient cette tension permanente qui épuise et qui finit par éloigner les autres ? La lutte entre intériorité et extériorité de soi devient une façon d’être au monde, un combat que rien n’apaise et qui empêche de construire de réelles interactions avec l’extérieur, toutes les ressources étant déjà utilisées pour la guerre intérieure.

Le clivage est maintenu au prix d’un refoulement permanent : les émotions, les sensations, toute la vie psychique restent cachées sous la masque au prix d’une énergie folle et d’une peur constante de l’effondrement. Rien ne doit sortir et rien ne doit entrer, sous peine de détruire cet équilibre fragile censé éloigner l’angoisse de la mort…

C’est cette tension intérieure, cette peur du chaos qui donne souvent l’impression de frôler la folie. Et cela se manifeste dans le corps, à différents niveaux : somatisations diverses, crise de panique, tensions musculaires, fatigue, agressivité…

Vivre son corps autrement

En apprenant à vivre avec son faux-self, en remettant le masque à sa juste place et en se donnant les moyens d’écouter ses ressentis, on commence à percevoir autrement son corps.

  • De zone de guerre, il redécouvre la souplesse et la fluidité du changement.
  • L’armure hermétique devient une pellicule fine et perméable, permettant la communication entre soi et le reste du monde.
  • L’intériorité vide et tellement avide d’être comblée devient un espace d’accueil des ressentis et une zone de création.
  • L’énergie ne sert plus à maintenir en place le seul masque disponible mais à réinventer son masque chaque fois que nécessaire.
  • De fait, la tension psychique s’apaise considérablement.

Précédemment clivé, perpétuellement en guerre avec lui-même et le reste du monde, le corps devient une ressource pour explorer, expérimenter et être en mouvement. Un espace pour ressentir, créer, inventer, élaborer du sens nouveau et manifester son désir d’aller vers l’autre.

 

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