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4 questions à se poser pour faire de son Faux-Self un atout

4 questions à se poser pour faire de son Faux-Self un atout

Cela peut vous paraître bien étrange. Comment un mécanisme de défense aussi douloureux et contraignant que le Faux-Self pourrait-il bien devenir une ressource ? A première vue, on préférerait s’en débarrasser, le mettre au placard, jeter la clé et ne plus jamais le sentir reprendre le contrôle de notre vie. Et pourtant, une fois remis à sa juste place, une fois qu’on se sent le droit de l’enlever aussi souvent que nécessaire, on peut choisir délibérément de l’utiliser…

Toute interaction sociale est faite de masques qu’on porte et qu’on enlève, et qu’on construit et déconstruit au fur et à mesure de l’évolution des situations. Votre Faux-Self n’est problématique qu’à partir du moment où il est inamovible. A la seconde où vous apprenez à le substituer à d’autres chaque fois que nécessaire, vous avez les moyens d’en faire une ressource. Encore faut-il se poser les bonnes questions afin d’y parvenir. Les voici :

Avec quelles compétences mon Faux-Self a-t-il été construit  ?

 

Votre Faux-Self vous a permis de survivre dans un milieu ressenti comme peu sécurisant. Et survivre, ça implique de développer des compétences poussées, en ayant utilisé toute votre énergie pour cela. Ces compétences, quelles qu’elles soient, vous appartiennent et vous avez le droit de vous en servir. A condition, bien sûr, de les identifier et de les accepter sans à-priori, en mettant de côté le fait qu’elles ont été longtemps associées à des souvenirs d’enfermement et de souffrance psychique intense.

Prenez le temps de vous demander concrètement quels sont les savoirs, savoir-faire et savoir-être en jeu chaque fois que votre Faux-Self se manifeste. Et rappelez-vous qu’une compétence n’est qu’un outil : il ne tient qu’à vous d’apprendre à vous en servir quand la situation vous paraît pertinente. Et uniquement à ce moment là.

Quel objectif mon Faux-Self me pousse-t-il à poursuivre ?

La peur d’être exclu nous pousse à bien des comportements défensifs. Quels que soient les traits de votre masque, il n’a pas été construit par hasard. Il devait répondre à un enjeu particulier. Il était là pour combler à un besoin précis. Être drôle pour se sentir exister dans une grande fratrie qui n’attendait pas après nous. Être brillant pour flatter l’ego malmené de la famille. Etre serviable et attentif aux autres pour se faire enfin pardonner d’être là. Etc…

Derrière chaque masque se cache un enjeu, une peur, un rôle dramatique à tenir au sein du groupe. Et un manège narcissique : un petit jeu malsain qui fait qu’on tourne en rond autour de son petit moi figé et douloureux. Pour se donner les moyens d’en sortir, il est essentiel de comprendre clairement après quoi on court, quelles sont les règles de ce jeu, et combien ça nous coûte d’y participer. Comprendre à quel point on y perd nous fait généralement passer l’envie de miser dans une nouvelle partie le peu d’énergie qu’il nous reste.

Mais puisque vous avez déployé une énergie folle à poursuivre un objectif quelconque, vous en avez certainement retiré des enseignements précieux. Et des ressources. Des habiletés et des ruses, des façons de penser les situations qui n’appartiennent qu’à vous. Identifiez-les. Et voyez ce que vous pouvez en faire aujourd’hui pour construire autre chose.

A quel type de danger mon Faux-Self me permet-il de faire face ?

Parce qu’il a été construit dans l’urgence et la nécessité de survivre face à un danger perçu ou réel, votre Faux-Self vous permet de réagir de façon optimale à un certain type de situation. Oui mais laquelle ? L’agression ? Le rejet ? La négligence ? L’isolement ? Autre chose ?

Avoir un masque pour se protéger d’un potentiel danger est loin d’être inutile. Vous avez développé un système de défense optimal pour faire face à certaines situations en limitant au maximum l’exposition de votre vulnérabilité. Cette ressource peut toujours être très efficace si vous apprenez à vous en servir au bon moment. Et uniquement au bon moment.

Que puis-je faire avec mon Faux-Self que je ne peux pas faire sans ?

 

Comme les comédiens sur une scène du théâtre antique, on porte un masque pour pouvoir habiter pleinement le rôle qui nous a été attribué. Il nous permet de dire et de faire des choses qu’on ne pourrait pas assumer le visage nu.

Votre Faux-Self est un masque comme un autre. S’il vous empêche de faire et de dire certaines choses, il vous permet également d’avoir une place où vous vous sentez vraiment  les moyens de vous illustrer. Une aisance particulière que vous perdrez à la seconde où vous changerez de rôle.

Identifiez quelle liberté il est le seul à pouvoir réellement nous donner. Vous cesserez ainsi de le percevoir uniquement comme une prison dont il faudrait s’échapper pour toujours. Il n’est pas question de renoncer définitivement à un espace d’expression, ce qui reviendrait à quitter une geôle pour une autre. Il s’agit d’avoir le droit de revêtir le masque de son choix, afin de mettre ses pouvoirs particuliers à notre disposition, et sans jamais fusionner avec l’un d’entre eux.

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