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Ces surdoués qui s’ennuient partout et tout le temps

Ces surdoués qui s’ennuient partout et tout le temps

Ils se passionnent pour des sujets variés qu’ils finissent par abandonner en cours de route. Se demandent à longueur de réunion entre amis ce qu’ils font vraiment là. Veulent changer de métier ou de sujet d’études tous les quinze jours. Tout ça pourquoi ? Parce qu’ils s’ennuient. Ils s’ennuient à mourir sans jamais vraiment comprendre ce qui se joue d’eux-même derrière ce constat. Alors ils voudraient être ailleurs, faire autre chose, parler à d’autres gens. Et quand ils y parviennent, ils s’ennuient encore. Et se demandent à nouveau comment fuir, dans une sorte de course sans fin.

L’ennui n’a en réalité pas grand chose à voir avec les capacités intellectuelles. On ne s’ennuie pas d’être trop intelligent, contrairement à ce qu’on entend partout et qu’il nous plait tellement à croire. On s’ennuie pour d’autres raisons, qui sont directement en relation avec le positionnement que l’on prend face aux situations, aux autres, aux informations et d’une manière générale, à la vie qui passe autour de nous.

Voici de quoi remettre en cause ce regard perpétuellement déçu que certains n’en finissent plus de poser sur le monde.

Questionner sa façon de percevoir les informations

Il y a deux façons de se positionner face aux situations et aux signes que nous en percevons :

  • Considérer que tout est changement permanent et que chaque événement, chaque rencontre, chaque activité est une occasion de devenir autre. De se travailler en tant que sujet, de modifier son regard et sa façon de se positionner pour exister autrement. Bref, de bouger en même temps que la vie s’écoule.
  • Traiter chaque perception du monde de façon distancée, en analysant l’information froidement, depuis l’autre côté d’une vitre, pour être bien certain que rien ne pourra nous atteindre et nous faire changer de l’intérieur. Parce que tout ce qui n’est pas soi risquerait de nous altérer, et qu’on perçoit ce changement possible comme une dégradation et un potentiel danger.

Vivre sa vie derrière une vitre, c’est exactement comme regarder un film dans lequel on n’arrive pas se projeter. Sans implication réelle, rien ne bouge en soi et tout devient rapidement sans saveur. Alors on décroche, on ressent un malaise de plus en plus pénible et on veut fuir aussi vite que possible.

Si vous vous ennuyez partout et tout le temps, alors il est essentiel de questionner votre positionnement et votre capacité à vous impliquer réellement dans tous les domaines de votre vie. On ne gagne pas grand chose à se croire hermétique au monde. Cela nous pousse à flotter de divertissement en divertissement, comme on change frénétiquement de chaîne, dans l’espoir de trouver un peu de stimulation nouvelle.
Peine perdue.

Sortir de la course au divertissement pascalien

Pascal disait que l’Homme se divertit pour ne pas se retrouver seul face à lui-même : il fuit dans l’action le fait de ne pas savoir “demeurer au repos dans une chambre”. A son époque, on ne parlait pas encore d’angoisse existentielle. Mais il est pourtant bien question de cela. On se divertit pour fuir le poids de son existence et tout ce que celle-ci implique : assumer ses entraves, devoir se remettre en question, bouger, changer, accepter la finitude, et trouver le moyen de donner du sens à ses actes en attendant la mort qui vient.

Pour se sentir vivant, impliqué, dynamique, en création permanente et ne plus s’ennuyer, il faut accepter le temps qui passe et le changement, donc la perte et la mort. Et pour cela, il faut renoncer à fuir l’angoisse dans le divertissement perpétuel.

Contrairement à tout ce qu’on peut croire, on ne s’ennuie pas à la hauteur de son intelligence.

  • On s’ennuie à la hauteur de ce qu’on se divertit.
  • On s’ennuie à la hauteur de ce qu’on refuse de vivre.
  • On s’ennuie à la hauteur de son refus de l’implication et du changement.
  • On s’ennuie à la hauteur de ce qu’on a peur de la mort.

 

Et oui, neurones agités ou pas, vous êtes habité par les mêmes enjeux que les autres. Vous aussi, vous avez peur de crever et vous vous agitez pour ne pas avoir à changer avec la vie qui passe, et vous vous ennuyez de passion nouvelle en passion nouvelle pour ne pas assumer le poids de votre existence.

Vous ne vous ennuyez pas d’être trop intelligent.

Vous vous ennuyez d’être un humain figé derrière sa vitre, qui fuit son angoisse en traitant toujours plus d’informations inutiles. Inutiles parce qu’elles ne nourrissent pas votre dynamique de changement. Vos divertissements sont peut-être plus socialement valorisés que ceux de la grande majorité, mais ils assument la même fonction que le foot et Cyril Hanouna.

Ca fait mal, hein ? Ben c’est comme ça !

Si vous vous ennuyez toujours, partout, tout le temps, alors il est peut-être temps d’apprendre à vous impliquer dans les situations, à assumer le changement, à vivre, à exister et à mourir.

Et oui, c’est difficile.
Et oui, il faut en passer par là pour assumer pleinement d’être un Homme.

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