Vivre le surdon

Inscrivez-vous pour recevoir les prochaines actualités et articles par email :

J'accepte la politique de confidentialité
Faut-il terrasser son faux-self ?

Faut-il terrasser son faux-self ?

Masque social prenant trop de place et permettant de cacher un sentiment d’intériorité fragile, le faux-self est un mécanisme de défense psychique très commun chez les publics HPI. Quand on le découvre et après s’être rendu compte à quel point il pouvait nous entraver au quotidien, il est très tentant de se lancer dans la grande chasse au fake et de s’atteler avec obstination à démembrer son armure pièce par pièce. Tel Saint-Michel terrassant le dragon, on se croit obligé de livrer une bataille sans merci contre le mal…

Sauf que voilà, votre faux-self n’est pas le diable !

Il ne vous veut pas de mal. Il a été le seul moyen à disposition pour vous permettre de tenir debout…Alors ayez un peu de respect pour le boulot qu’il a fait pour vous ! Un peu de reconnaissance pour tout ce qu’il vous a permis de traverser sans avoir trop à sentir le froid, le manque et les coups !

  • Et si on commençait par lui dire merci, au faux-self ?
  • Si on acceptait l’idée qu’il a joué un rôle fondamental, qu’il a été là pour nous protéger et nous rassurer chaque fois qu’on avait besoin de lui ?
  • Si on acceptait l’idée qu’il a joué son rôle à la perfection, et qu’on lui donnait maintenant le droit de se reposer un peu ?
  • Si on lui disait, doucement, à l’oreille, qu’on est assez grand maintenant pour se protéger autrement, et qu’on a tous les crayons du monde à disposition pour se dessiner d’autres sourires ?

 

 

Un seul visage pour s’adresser au monde

J’aime parler de la théorie des masques de Jung, quand on me demande ce qu’est un faux-self. J’explique généralement que c’est un masque avec lequel on a fusionné, au point de croire qu’il est notre identité pure et absolue. Une identité fixe, close, permanente et sans jeu possible. Un seul visage et une seule façon de penser pour faire face à la complexité de la vie, au changement permanent de son environnement. Un seul visage et des milliers d’occasions de se cogner au monde ! Un seul visage et zéro créativité possible. Une prison invisible pour soi et pour tous. Un enfer sans nom.

Quand on comprend enfin ce qui se joue, on est prêt à tout pour que ça s’arrête. Et prendre les armes contre soi-même paraît une option tout à fait recevable.

Peine perdue.

On ne peut pas faire la guerre contre son seul et unique masque. Cela reviendrait à vouloir détruire d’un coup tout ce qu’on a pensé de soi et de se retrouver dans un chaos mental indescriptible. Avec son vide. Son vide insupportable juste au milieu de la face.

Mais que faire ?

Apprendre à se défusionner, doucement, de tout ce qu’on croyait de soi. Et prendre le temps de s’inventer d’autres façons de faire. D’autres façons de sourire, de parler, d’agir. De se choisir de nouveaux masques, autant qu’on veut, autant qu’on en a besoin pour faire face à la vie.

Et que devient-il, ce faux-self tant décrié ?

Il sera un masque parmi les autres…Celui qui reviendra parfois, quand on en aura vraiment besoin. Celui qu’on aura le droit d’enlever chaque fois qu’il ne sera plus utile. Celui qui trouvera, au fil du temps, sa juste place parmi les autres visages qu’on se donnera les moyens de créer pour interagir avec le monde. Celui avec qui on pourra jouer à l’occasion et qui deviendra une ressource plus qu’une contrainte.

Faut-il terrasser son faux-self ? Certainement pas !

Il est tellement plus simple, et tellement plus doux aussi, de le laisser poser les armes. Et de s’autoriser patiemment à inventer d’autres façons de vivre. D’autres façons de prendre sa place au milieu des autres.

Laisser un commentaire

6 + 7 =

%d blogueurs aiment cette page :